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La dixième Conférence des Nations Unies à la Convention sur la Diversité Biologique (CDB) se tient à Nagoya jusqu’au 29 octobre. Le 20 octobre, une étude commandée par l’Union Européenne a rendu ses conclusions concernant « l’économie de la biodiversité et des services écosystémiques » (The Economics of Ecosystems and Biodiversity – TEEB). Si la question de savoir à combien se chiffre les services économiques rendues par la nature se pose depuis plusieurs dizaines d’années, l’élément de réponse apporté par les conclusions de cette étude n’est pas surprenant. En effet, le coût de l’inaction relatif à la protection de la biodiversité est chiffré à 7% du PIB mondial à l’horizon 2050.

Fruit d’un vaste travail d’enquête et de la synthèse d’un millier d’études entamé en 2008 à la demande de l’Union Européenne, le rapport présenté par l’économiste indien Pavan Sukhdev (membre du PNUE) démontre que les coûts liés à la dégradation des écosystèmes et la perte de biodiversité sont exorbitants pour nos sociétés. Le coût de l’inaction pourrait se chiffrer à 7% du PIB mondial à l’horizon 2050.

Quelques exemples et chiffres percutants sont donnés dans la synthèse du TEEB (cf. lien ci-dessous). Ainsi la conservation de la forêt éviterait l’émission de Gaz à Effets de Serre (GES) équivalent à plus de 3,7 trillions de dollars par an. Diminuer de moitié la déforestation à 2030 permettrait de réduire l’émission de GES de 1,5 à 2,7 GT de CO2 par an. Sans compter les nombreux co-bénéfices apportés par les écosystèmes forestiers. A titre d’exemple, Lescuyer (2007) a chiffré les services rendus (par hectare et par an) par la forêt camerounaise à 560 dollars pour le bois, 61 dollars pour le bois de chauffage et entre 41 et 70 dollars pour les produits non bois issus de la forêt. De plus, il estime que la régulation du climat permis par la forêt camerounaise s’élève entre 842 et 2265 dollars par hectare et par an.  

Enfin, le rapport TEEB propose une dizaine de recommandations visant à aider les citoyens et les responsables politiques à intégrer la biodiversité comme paramètre dans leurs décisions quotidiennes:

  • ample communication et responsabilisation sur l’évaluation de la biodiversité, en matière d’impacts sur la nature ;
  • intégration, dans les comptes nationaux, de la valeur des évolutions des richesses naturelles et des flux des services écosystémiques ;
  • établissement de comptes physiques cohérents des stocks forestiers et des services écosystémiques ;
  • mention dans les comptes d’entreprises des externalités telles que les dommages environnementaux ;
  • intégration des principes d’absence de perte nette de biodiversité ou d’incidence positive nette dans les pratiques commerciales ;
  • application des principes du « pollueur-payeur » et de la « pleine récupération des coûts » pour les structures d’incitation et la réforme fiscale ;
  • transparence totale en matière de subventions afin d’éviter les incitations perverses ;
  • poursuite de la création de zones protégées gérées de façon plus globale, efficace et équitable ;
  • mise en place du système de conservation des forêts « REDD plus » ;
  • prise en considération, dans les actions en faveur du développement et dans les politiques ayant un impact sur l’environnement, de la dépendance des pauvres de la planète envers les services écosystémiques.

Les forêts occupent actuellement environ un tiers de la surface terrestre et on estime qu’elles contiennent plus de la moitié des espèces terrestres, principalement dans les zones tropicales.

Pour rappel, le PIB mondial était évalué à 68000 Mds de dollars en 2008 et serait de 57937 Mds en 2009, selon le FMI.

Sources: TEEB, Editions Législatives

TEEB 2010

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